Elie COUSSEAU

L’ADIF des Deux Sèvres a la grande tristesse de  faire part du décès d’Elie Cousseau qui nous a quitté le 7 avril 2012 .

« Lilie » était le plus jeune déporté des Deux Sèvres. Habitant La Peyratte, près de Parthenay, il était entré, à 18 ans, dans un groupe de résistance dont il formait, avec une quinzaine de camarades, la section Pontcarral. Ils étaient chargés de distribuer des tracts et de récupérer les armes et les munitions parachutées par Londres. C’est au cours de l’une de ces missions qu’Elie Cousseau fut arrêté, le 14 août 1944 en compagnie de 3 camarades. Torturé à la prison de la Pierre Levée (« J’ai salement dérouillé ») il est emmené à Nevers, puis Autun, Dijon , Vesoul et enfin Belfort. C’est de là qu’il gagnera , après un voyage apocalyptique de trois jours et de deux nuits, sans eau, ( « certains de mes camarades sont morts étouffés, d’autres sont devenus fous furieux ») le camp de Neuengamme . Puis il part pour Wilhelmshaven. Mais le pire reste à venir. Après le bombardement du camp, Elie Cousseau et ses camarades – ceux qui pouvaient marcher- partent sur les routes : Varel, Hambourg, Bremevorde…Sandbostel ( «  Nous sommes arrivés à Sandbostel où nous attendait, à gauche de l’entrée, un monticule de cadavres »). Puis c’est, à l’embouchure de l’Elbe , un cargo, l’Olga-Siemers («  Beaucoup de mes camarades sont morts dans des conditions atroces »), qui remonte l’Elbe, le canal de Kiel et atteint enfin la baie de Flensburg. La dernière étape de ce calvaire sera , en pleine mer, le paquebot « Rheinfels-Bremen »sur lequel Elie Cousseau est hissé grâce à un filet , « comme du vulgaire poisson ». « Nous sommes restés quatre ou cinq jours, sans manger, sans boire. Beaucoup sont morts…Nous avons appris , bien après la libération que ces bateaux auraient du couler au fond de la Baltique ». Le 11 mai 1945, un navire suédois accoste ce cercueil flottant.

 

Elie Cousseau n’a cessé, depuis, de faire vivre la mémoire de la Déportation et le souvenir de ses camarades en témoignant sans se lasser dans les écoles et les lycées, en participant à l’organisation de toutes les cérémonies concernant la Résistance et la Déportation, et ce, malgré une santé fragile. C’était un homme de bien, humble et courageux. Cette  phrase, conclusion de son livre «  Avant que ma mémoire ne défaille », dépeint mieux que tout notre ami Lili :

«  Etant au crépuscule de ma vie, je profite de ce témoignage pour redire que lors de mon enterrement, je ne veux ni drapeau, ni fioriture. J’ai laissé trop de camarades à Wilhelmshaven ou au fond d’un fossé allemand… » Ses volontés ont été respectées strictement ; mais les autorités étaient présentes et une foule nombreuse a suivi son cercueil les larmes aux yeux.


Jane DEBENEST

ADIF des Deux-Sèvres