André LAROCHE

André LAROCHE

 

 

André LAROCHE, Déporté-Résistant, Haut Dignitaire de la République, Président honoraire de la FNDIR, nous a quittés le 23 avril 2020, à l'âge de 95 ans. André LAROCHE, Déporté-Résistant, Haut Dignitaire de la République, Président honoraire de la FNDIR, nous a quittés le 23 avril 2020, à l'âge de 95 ans.

 

André LAROCHE nait le 3 mai 1924 à Lyon, fait ses études au lycée La Martinière à Lyon en vue de préparer l’Ecole nationale des Arts et Métiers, mais doit interrompre du fait de la guerre et de l’occupation.

Son Père, qui avait fait la guerre de 1914-1918, était très opposé aux Allemands, du coup André qui partage les mêmes sentiments, commence à faire un peu de propagande anti-nazie dès 1941, puis le déclic fut sa rencontre avec Fernand BEUCLERC, un des résistants à l’origine du mouvement « COMBAT », il est alors l’un des plus jeunes (17 ans).
Il est donc entré dans la Résistance en 1941 aux Groupes Francs de « COMBAT » pour l’organisation de la diffusion des journaux clandestins, agent de liaison d’André BOLLIER dit « Velin », un des dirigeants du mouvement « COMBAT » créé par Henry FRENAY. Les actions clandestines se multiplient, furtives, comme les inscriptions sur les murs.

La Milice de Paul TOUVIER l’arrête le 29 mars 1944 à Lyon sur dénonciation. Il est interné à la Prison du FORT MONTLUC, il sera interrogé et torturé au siège de la Gestapo lyonnaise au 14 avenue Berthelot, puis envoyé au camp d'internement de COMPIÈGNE-ROYALLIEU, il est déporté le 12 mai 1944 au Camp de BUCHENWALD après un voyage de 3 jours dans des wagons de marchandises, sans manger ni boire.

Arrivé le 14 mai au KL Buchenwald, il reçoit le matricule 51 726 et le triangle rouge marqué de la lettre "F" attribué aux déportés français.

De mai à juillet, il travaille au camp de WIEDA à la construction d'une voie ferrée.

En juillet 1944, il est transféré à MITTELBAU-DORA, la "mangeuse d'hommes" où il doit travailler comme soudeur dans le « tunnel » de l'usine souterraine d'assemblage des armes secrètes d’Hiltler, les V2, des fusées pleines d’explosifs destinées à la destruction de l'Angleterre.

Après 10 mois de travail, à raison de 12 heures par jour, les Allemands ont décidé d’évacuer le camp en raison de l’avancée des Alliés. À l’approche de l’Armée rouge en avril 1945 commence "la marche de la mort".

Les déportés ont voyagé dans des wagons pendant neuf jours en direction de RAVENSBRÜCK au Nord de l’Allemagne, ensuite à pied en direction de LÜBECK.
Les SS abattaient tous ceux qui n’arrivaient pas à suivre. Cette marche a été appelée par la suite « la marche de la mort ». Puis les SS se sont enfuis en vêtements civils. Les déportés ont été récupérés par des troupes soviétiques, puis les GI américains les ont rapatriés en camion.

Après la guerre, André LAROCHE devient chef d’entreprise et s’investit dans le milieu associatif.

Il sera président national de la Fédération Nationale des Déportés et Internés de la Résistance (FNDIR), vice-président national de l'UNADIF, vice-président du CAR, vice-président de la Commission exécutive du Struthof, président d’honneur du Mouvement d’Union et d’Action des Déportés et Internés de la Résistance (MUADIR) à Lyon dont il fut le créateur et président actif pendant 50 ans.

Inlassable témoin auprès des jeunes générations dans le cadre du concours national de la Résistance et de la Déportation, il nous laisse son ouvrage : " Dora : un déporté dans l'antre des fusées de Von Braun. De l'enfer à la Lune. "

Haut Dignitaire de la République, André Laroche était Grand Officier dans l'Ordre national de la Légion d’Honneur, Commandeur dans l’Ordre national du Mérite, titulaire de la Médaille Militaire, de la Croix de Guerre 1939-1945 avec palme, de la Croix du Combattant volontaire de la Résistance, de la Croix du Combattant volontaire, de la Croix du Combattant et de la Médaille de la Déportation pour faits de Résistance.

Les obsèques de notre ami André Laroche auront lieu à Lyon, mardi 28 avril, en l'église Saint Pothin, dans la plus stricte intimité familiale.

Le Président Jean-Marie Muller et l'ensemble des membres du Bureau national et du Conseil d'administration UNADIF-FNDIR renouvellent leurs plus sincères condoléances à toute la famille de notre ami André Laroche.

 

Gérard Bocquery, Secrétaire général adj.

 

Crédit photo : Jacques Biard, journal Le Progrès de Lyon