76ème anniversaire du départ du Dernier Train de Compiègne au KL Buchenwald

76ème anniversaire du départ du Dernier Train de Compiègne au KL Buchenwald

 

Forêt de Compiègne

Dimanche 23 août 2020

Cérémonie du 76eme anniversaire du départ du dernier train de déportation de Compiègne au KL Buchenwald

18 août 1944 - 18 août 2020

 


Beaucoup d'émotion et de respect ont ponctué ce moment de recueillement annuel.

Présence exceptionnelle de Jacques Bergez, Déporté-Résistant, dernier médaillé de la Résistance française du département, qui portait un de nos drapeaux UNADIF-FNDIR de l'Oise.

ALBUM-PHOTOS COMPLET : https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1984284145035677&id=252990701498372

Gérard Bocquery
Président UNADIF-FNDIR de l'Oise

 



HISTORIQUE DE CE CONVOI

Transport parti de Compiègne-Rethondes le 18 août et arrivé au KL Buchenwald le 21 août 1944

Effectif recensé : 1 249 Hommes

Matricules extrêmes :

78444 – 79000 et 80896 – 81586

Situations :

Evadé durant le transport : 1 (0,1 %)

Décédés durant le transport : 2 (0,2 %)

Décédés et disparus en déportation : 519 (41,5 %)

Rentrés de déportation : 653 (52,3 %)

Situations non connues : 74 (5,9 %)

C’est le dernier transport à emmener des déportés extraits du camp de Compiègne-Royallieu jusque dans un camp de concentration du IIIe Reich.

Le débarquement de Normandie a déjà eu lieu depuis plus de deux mois ; celui de Provence vient d’être opéré.

Les détenus ont quitté le camp le matin du 17 août, en camion et munis d’une boule de pain et d’un colis de la Croix-Rouge pour deux. Le convoi traverse la ville de Compiègne et prend la direction de la forêt de Rethondes, près du passage à niveau de Vieux-Moulin, où un train de wagons de marchandises les attend. Le regroupement de l’ensemble des déportés se termine en début d’après-midi. Mais le transport ne part que le lendemain matin. Il effectue un premier arrêt à Soissons. En effet, le consul général de Suède à Paris, Raoul Nordling, assisté du représentant de la Croix-Rouge, vient de signer un accord avec le commandement militaire allemand en France occupée. Celui-ci stipule que tous les détenus politiques des prisons et hôpitaux de Paris, ainsi que des camps de Compiègne, de Drancy et de Romainville passent sous sa responsabilité. La veille au soir déjà, il avait tenté d’empêcher le départ du transport. Mais, et cela se répète en gare de Soissons, la Sipo-SD, c’est-à-dire les services policiers du Reich qui ont organisé cette déportation, refuse d’appliquer les termes de l’accord et décide de poursuivre l’évacuation de ces détenus vers l’Allemagne. A Reims, une nouvelle tentative de la Croix-Rouge échoue, ses représentants n’arrivant même pas à distribuer de la nourriture aux déportés. Le transport quitte Reims dans la soirée. Dans la nuit, il effectue de nombreux arrêts en raison de tentatives d’évasion. Certains déportés sont alors abattus ; alors que d’autres sont poussés dans des wagons déjà occupés et surchargés. Le train franchit la frontière après Toul et opère un arrêt à Sarrebruck, un des derniers avant Weimar.

Si un déporté de ce transport est arrêté lors de la manifestation parisienne du 11 novembre 1940, la très grande majorité de ces camarades le sont en 1944, et près de 7 sur 10 après le débarquement de Normandie. Ils le sont dans plus d’une trentaine de départements différents, principalement en zone Nord, avant d’être regroupés au camp de Compiègne en vue de leur déportation.
Ce sont avant tout des résistants : de mouvements, comme les membres de Libération-Nord, de l’Organisation Civile et Militaire (OCM) ou du Front National, arrêtés en Seine-Inférieure, dans l’Oise, la Somme ou l’Aisne ; de réseaux comme ceux participant au Noyautage des Administrations Publiques (NAP) en région parisienne, ou ceux de Turma-Vengeance dans le Loiret. Le 6 juin 1944 entraîne une multiplication des actions résistantes, et accroît celles de représailles menées par les autorités allemandes. Ainsi, à Guéret, dans la Creuse, des membres de l’Ecole de la Garde de la ville, de l’Armée Secrète et des Francs-Tireurs et Partisans Français, sont arrêtés par les troupes allemandes venues reprendre la ville aux mains des résistants depuis le 7 juin ; dans l’Aude, des maquisards de Saint-Puelles sont faits prisonniers dès la fin juin 1944. La population civile n’est évidemment pas épargnée : des otages sont par exemple arrêtés, au début du mois d’août dans la Somme, à la suite d’un attentat contre un milicien. Dans ce même département, des rafles successives sont menées les 16 et 17 juillet dans les villages de Dompierre-en-Santerre, Frise et Herbecourt, après que les Allemands découvrent dans un bois environnant un dépôt d’armes clandestin.

Les déportés de ce transport sont utilisés pour l’effort de guerre allemand, comme beaucoup de leurs camarades arrivés au KL Buchenwald depuis 1943.

Ainsi, près de 40 % d’entre eux sont transférés le 13 septembre 1944 au Kommando de Neu-Stassfurt, à une trentaine de kilomètres de Magdeburg, pour travailler dans différentes firmes et entreprises chargées d’aménager une usine souterraine dans les salles des mines de sel et de potasse de la ville. Plus de la moitié de ce groupe ne rentre pas de déportation en 1945 ; dont plus de 130 personnes qui décèdent lors de la marche d’évacuation du Kommando, débutée le 11 avril 1945 et achevée le 8 mai entre Ansprung et Annaberg, près de la frontière tchèque, après plus de 360 kilomètres de marche sur des routes secondaires.

Des déportés de ce transport sont également dirigés vers d’autres Kommandos dépendant du KL Buchenwald ; alors qu’ils ne sont qu’une minorité à être transférés vers d’autres KL, principalement celui de Dachau.

Au total, l’analyse du taux important de décès des membres de ce transport montre que près de 45 % d’entre eux ont lieu en avril-mai 1945, à un moment où le système concentrationnaire se disloque et où se mêlent alors, pour expliquer de tels chiffres, le surpeuplement des camps, l’abaissement drastique des rations, les épidémies et les évacuations précipitées.

Thomas Fontaine, Laurent Thiery


Cette page est extraite du livre-mémorial des déportés de France arrêtés par mesure de répression et dans certains cas par mesure de persécution 1940-1945 Fondation pour la mémoire de la déportation © copyright 2004 Editions Tirésias.


Gérard Bocquery Secrétaire général adjoint national de l'UNADIF-FNDIR,
président départemental de l'UNADIF-FNDIR de l'Oise.

 



Union nationale des associations de déportés et internés de la Résistance et familles.